Aujourdâhui, on va parler dâun sujet un peu dĂ©licat, mais qui concerne beaucoup dâentrepreneurs : les clients qui sont aussi tes proches.
Ta famille, tes amis, tes connaissances⊠Tous ces gens qui, un jour ou lâautre, peuvent faire appel Ă tes services.
đ Peu importe ton mĂ©tier, tu as sans doute dĂ©jĂ entendu :
« Toi je te connais, je vais venir chez toi. »
Et dâun cĂŽtĂ©, ça fait plaisir. On se dit que câest la confiance qui parle. Mais de lâautre, ça peut vite devenir compliquĂ© Ă gĂ©rer.
Au dĂ©but, on est content. Ce sont des clients faciles, lâambiance est dĂ©tendue, on nâa pas besoin de jouer un rĂŽle de "super professionnel" en permanence. đ
Mais⊠rapidement, une difficulté apparaßt : poser une barriÚre.
Parce que mĂȘme si on aime nos proches, travailler avec eux change la relation. On nâest plus seulement "la fille sympa" ou "lâami cool", on devient le pro qui doit conseiller, guider, parfois contredire.
Et câest lĂ que ça se complique.
En tant que vĂ©tĂ©rinaire đŸ, jâai toujours eu besoin de garder une certaine distance avec mes clients. Le vouvoiement mâaide Ă installer ce cadre : je conseille, jâexplique, parfois je dois dire « non » mĂȘme quand la personne est persuadĂ©e dâavoir raison. Avec un "tu" trop rapide, la relation peut devenir trop familiĂšre, et ce nâest plus le mĂȘme Ă©quilibre.
Bien sûr, ça dépend des métiers.
đ Dans le coaching par exemple, le tutoiement est naturel. On est dans une relation dâĂ©gal Ă Ă©gal, de partage. Mais au cabinet, câest diffĂ©rent : je dois garder cette posture de guidance pour ĂȘtre entendue.
Mais le risque de la familiaritĂ©, si tu laisses tomber trop vite les barriĂšres đ§±, tu ouvres parfois la porte Ă des abus (mĂȘme involontaires).
Un proche peut penser :
« Elle est mon amie, je peux lui tĂ©lĂ©phoner Ă nâimporte quelle heure. »
« Je peux lui demander plus, je suis VIP. »
« Elle ne va pas me faire payer comme les autres. »
Résultat : tu te sens envahi, sous pression, et la relation devient déséquilibrée.
đž Et puis, parlons franchement : lâargent avec les proches, câest compliquĂ©.
Au dĂ©but, jâavais tendance Ă facturer le strict minimum. Je proposais moins de mĂ©dicaments, moins dâexamens complĂ©mentaires (prises de sang, Ă©chographiesâŠ) parce que je me disais :
« Ils vont penser que jâexagĂšre, que je veux gagner sur leur dos. »
Mais ça me mettait dans une position inconfortable :
Soit je faisais le minimum, et lâanimal nâĂ©tait pas soignĂ© au mieux.
Soit je faisais tout ce quâil fallait, et jâavais peur dâĂȘtre jugĂ©e.
Avec le temps, jâai changĂ© de philosophie : si ma famille ou mes amis viennent me voir, câest parce quâils veulent que je les soigne comme un vrai client. Pas parce que je vais brader mes services.
Aujourdâhui, je propose les mĂȘmes soins, les mĂȘmes conseils. Ensuite, libre Ă eux de dĂ©cider ce quâils veulent faire.
đ Jâapplique une rĂšgle simple :
Famille trĂšs proche (parents, beaux-parents, frĂšres/sĆurs) â je casse les prix sur les actes, parce que dans une famille, on sâentraide.
Produits (croquettes, antiparasitaires, etc.) â prix normaux. Parce quâau final, la marge est dĂ©jĂ faible et je ne vais pas payer de ma poche pour compenser.
Amis proches â pas de rĂ©ductions systĂ©matiques. Sâils viennent, câest pour la confiance. Pas pour les prix.
Et surtout : jâai arrĂȘtĂ© de culpabiliser.
Je ne veux plus me sentir obligĂ©e de faire des prix. En revanche, je mâautorise Ă faire un geste quand jâen ai envie. đ
Exemples :
Un ami mâa rendu service â je peux arrondir la facture.
Une opĂ©ration a Ă©tĂ© plus simple que prĂ©vu â je dĂ©cide de baisser un peu.
Un client mâapporte un petit cadeau đ (chocolats, fleurs, infos utilesâŠ) â jâai plaisir Ă lui rendre la pareille.
Mais ça doit venir du cĆur, pas dâune obligation.
Au final, la clĂ© est de trouver ton propre Ă©quilibre. âïž
Si tu fais des prix Ă tout le monde, tu risques de tâĂ©puiser et de ne rien gagner.
Si tu refuses systématiquement, tu risques des tensions avec tes proches.
Alors comment faire ?
đ Mets les choses au clair dĂšs le dĂ©part :
Qui bĂ©nĂ©ficie dâun prix spĂ©cial ?
Sur quels services tu peux faire un geste, et lesquels non ?
Et surtout : oĂč est ta limite pour rester bien dans ta peau ?
Parce quâau fond, le plus important, câest que toi tu sois Ă lâaise.
Ce que je raconte ici vient de mon expĂ©rience de vĂ©tĂ©rinaire. Mais tu peux lâappliquer Ă plein dâautres mĂ©tiers :
Avocat âïž
Coiffeur âïž
Commerçant đïž
Coach đ»
Artisan đš
âŠ
La question est la mĂȘme : comment rester pro, mĂȘme avec les proches ?
đŻEn conclusion: sois clair, sois alignĂ© ! Parce que travailler avec des amis ou de la famille, ça peut ĂȘtre gĂ©nial. Mais si tu veux que ça reste agrĂ©able, tu dois :
Poser des limites claires (prix, disponibilité, relation).
Te rappeler que tes compĂ©tences ont de la valeur đ.
Te permettre de faire plaisir⊠mais uniquement quand TU en as envie.
Sinon, tu risques de finir frustrĂ©, fatiguĂ©, et parfois mĂȘme fĂąchĂ©.
đ VoilĂ pourquoi jâinsiste sur lâimportance dâun business alignĂ© : mindset, organisation, gestion de clientĂšle, dĂ©lĂ©gation.
Câest exactement ce que je dĂ©veloppe dans ma future formation (en prĂ©paration đ).
En attendant, je tâinvite Ă rĂ©flĂ©chir Ă tes propres rĂšgles avec tes proches clients. Pose-les noir sur blanc si nĂ©cessaire. Et rappelle toi : tu nâas pas Ă tâexcuser de vouloir vivre correctement de ton travail.
Ton futur toi te remerciera đ.
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